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Comment sont fabriqués las panneaux solaires ? étapes de production, impacts et recyclage

Comment sont fabriqués las panneaux solaires ? étapes de production, impacts et recyclage

Comment sont fabriqués las panneaux solaires ? étapes de production, impacts et recyclage

Quand on signe un devis pour des panneaux solaires, on pense surtout au prix du kilowattheure, au nombre de panneaux sur le toit et au rendement annoncé. Mais que se passe-t-il en amont, avant que ce rectangle bleu arrive chez l’installateur, et en aval, une fois sa durée de vie dépassée ?

Dans cet article, on remonte toute la chaîne : matières premières, étapes de fabrication, impacts environnementaux réels, puis recyclage. Avec, à la fin, des repères concrets pour choisir et utiliser un panneau solaire de façon plus responsable.

De quel type de panneau solaire parle-t-on ?

En pratique, plus de 90 % des panneaux solaires installés dans le monde sont des panneaux photovoltaïques en silicium cristallin. Ce sont ceux que vous voyez sur la plupart des toitures.

On distingue principalement :

Dans la suite, on se concentre surtout sur le silicium cristallin, car c’est lui qui domine très largement le marché résidentiel et tertiaire, et donc l’essentiel des impacts et du recyclage.

De la roche au silicium : les premières étapes (très énergivores)

Le point de départ est une matière première abondante : la silice (SiO₂), présente dans le sable et certains quartz. Mais passer d’un sable brut à un silicium suffisamment pur pour l’électronique ou le photovoltaïque demande une succession d’étapes lourdes en énergie.

1. Extraction et production de silicium métallurgique

On extrait d’abord des minerais riches en silice (quartz) dans des carrières à ciel ouvert. Ces opérations entraînent :

La silice est ensuite transformée en silicium « métallurgique » dans de grands fours à arc électrique, à environ 2000 °C, en présence de carbone (charbon, coke, bois) pour réduire la silice. Cette étape consomme énormément d’électricité. Selon l’ADEME et l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la fabrication du silicium et des lingots représente une part majeure de l’empreinte carbone totale d’un panneau.

2. Purification en silicium de qualité solaire

Le silicium métallurgique contient encore trop d’impuretés (bore, phosphore, métaux). On le purifie pour atteindre une pureté de 99,9999 % ou plus, via des procédés chimiques (par exemple, procédé Siemens avec production de trichlorosilane, puis dépôt de silicium sur des tiges chauffées).

Résultat : un silicium « solaire » à haute pureté, prêt à être transformé en lingots. Mais cette étape ajoute encore de la consommation d’électricité et de réactifs chimiques, et nécessite des installations industrielles très contrôlées.

Du lingot à la cellule : où se joue le rendement

Une fois le silicium raffiné, on fabrique les « briques » de base du panneau : les cellules photovoltaïques.

3. Croissance des lingots et découpe en wafers

Deux grandes techniques dominent :

Les lingots sont ensuite découpés en fines tranches de quelques dixièmes de millimètre, appelées wafers. Cette étape de sciage génère des pertes (poussières de silicium, « kerf loss »), même si l’industrie progresse pour en réduire la taille.

4. Fabrication des cellules photovoltaïques

Chaque wafer va être transformé en cellule capable de produire de l’électricité :

À ce stade, on a une cellule individuelle, qui produit du courant continu lorsqu’elle est éclairée. Les rendements actuels des cellules commerciales en silicium cristallin sont en général entre 20 et 23 %, avec des records en laboratoire bien plus élevés mais encore difficiles à industrialiser.

Du module au toit : assemblage final et logistique

5. Assemblage des cellules en module

Pour constituer un panneau :

Le tout est laminé à chaud dans un four pour coller les couches et assurer l’étanchéité. Ce cadre en aluminium et le verre représentent une part importante de la masse (souvent plus de 70 %), mais sont des matériaux bien connus et relativement simples à recycler.

6. Transport et installation

La plupart des panneaux vendus en Europe sont aujourd’hui fabriqués en Asie, notamment en Chine, qui domine la production mondiale (plus de 80 % de certaines étapes comme les wafers, selon l’AIE). Les panneaux traversent donc parfois la moitié du globe avant d’arriver sur un toit européen.

Le transport (bateau + camion) contribue à l’empreinte carbone, mais reste relativement limité par rapport à la phase de fabrication elle-même. L’ADEME estime généralement que l’« énergie grise » d’un panneau est remboursée par sa production électrique en 1 à 3 ans selon le lieu d’installation (ensoleillement, mix électrique local).

Impacts environnementaux : que pèse vraiment un panneau solaire ?

L’une des questions les plus fréquentes est : « Est-ce que les panneaux solaires polluent autant qu’ils ne produisent ? » Les analyses de cycle de vie (ACV) permettent d’y voir clair.

Émissions de CO₂ sur tout le cycle de vie

Selon l’IPCC et de nombreuses ACV (par exemple compilées par l’AIE), un kilowattheure produit par du photovoltaïque au silicium cristallin émet en moyenne :

Autrement dit, même en tenant compte de la fabrication, du transport et de la fin de vie, le photovoltaïque émet globalement 8 à 20 fois moins de CO₂ par kWh que les centrales fossiles classiques.

Consommation de ressources et métaux

Un panneau à base de silicium cristallin contient principalement :

Contrairement à certaines idées reçues, les panneaux à base de silicium ne consomment pas de grandes quantités de « terres rares ». En revanche, la consommation d’argent dans les cellules est un enjeu : l’industrie travaille à réduire cette quantité (contacts plus fins, substitution partielle par du cuivre) pour limiter la pression sur ce métal.

Les couches minces peuvent, elles, utiliser des éléments plus critiques (tellure, indium, sélénium, gallium, cadmium), mais ces technologies restent minoritaires et font l’objet de réglementations spécifiques, notamment pour les composés contenant du cadmium.

Pollutions potentielles et risques

Les principales sources de risques environnementaux liés aux panneaux solaires se situent :

Sur un bâtiment, en fonctionnement normal, un panneau photovoltaïque ne rejette ni air pollué, ni eau contaminée, ni bruit. Les risques se concentrent essentiellement sur la sécurité électrique (incendie en cas de mauvaise installation), gérée par des normes.

Durée de vie, performance réelle et idées reçues

Un autre point clé est la durabilité. Combien de temps un panneau reste-t-il performant ?

Durée de vie et garantie

La plupart des fabricants garantissent :

Les études de terrain (parcs installés depuis les années 1990–2000) montrent un taux de dégradation de l’ordre de 0,3 à 0,8 % par an selon les technologies et les conditions climatiques. Autrement dit, un panneau peut continuer à produire bien au-delà de 25 ans, mais un peu moins qu’au départ.

Idées reçues fréquentes

Que se passe-t-il en fin de vie : réutilisation, réemploi, recyclage

Les premières grandes vagues de panneaux installés dans les années 2000 commencent à arriver en fin de vie. La question n’est donc plus théorique.

Le cadre réglementaire en Europe

Depuis 2012, les panneaux photovoltaïques sont intégrés à la directive européenne sur les Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques (DEEE). Cela implique :

En France, ces obligations sont gérées par un éco-organisme (par exemple PV CYCLE France), financé via une éco-participation que vous voyez apparaître sur les devis.

Réemploi et seconde vie

Avant le recyclage, certains panneaux peuvent être réemployés :

Cette seconde vie prolonge l’utilisation de la matière et limite les besoins en nouveaux panneaux. Toutefois, elle nécessite des contrôles de performance et de sécurité pour éviter de diffuser du matériel dégradé sans information.

Le recyclage des panneaux en silicium cristallin

Un panneau silicium se recycle en plusieurs étapes :

Les procédés les plus avancés permettent de récupérer plus de 90 % de la masse totale, principalement sous forme de verre et de métaux. Le silicium lui-même peut être partiellement réutilisé, même si cela reste encore marginal comparé au recyclage du verre et de l’aluminium.

Les couches minces nécessitent des procédés de recyclage spécifiques, avec traitement chimique pour récupérer les métaux ciblés (tellure, indium…). Ces flux, encore limités, sont en cours de structuration.

Comment réduire l’empreinte de la filière solaire ?

La fabrication et le recyclage des panneaux évoluent rapidement. Plusieurs leviers existent pour réduire encore leur impact environnemental.

Éco-conception des panneaux

Les fabricants travaillent sur :

Déplacement de la production vers des mixes électriques moins carbonés

Une large part de l’empreinte carbone d’un panneau vient de l’électricité consommée dans les usines de silicium, de wafers et de cellules. Produire davantage dans des pays à mix électrique peu carboné (hydroélectricité, nucléaire, renouvelables) permettrait de réduire nettement les émissions par panneau, sans changer la technologie.

Optimisation de l’usage pendant la vie du panneau

Plus un panneau produit de kWh sur sa durée de vie, plus son impact par kWh diminue. Cela passe par :

Ce qu’il faut retenir et que faire à son échelle

Si l’on résume les connaissances actuelles :

À l’échelle d’un particulier ou d’une collectivité, quelques leviers concrets :

Ce qu’il reste encore à mieux documenter : l’évolution des performances de certains nouveaux designs (panneaux bifaciaux, modules ultra-fins), l’impact réel des politiques de relocalisation de la production, et la montée en puissance des filières de seconde main. Mais sur un point, la littérature scientifique est cohérente : malgré les impacts de leur fabrication, les panneaux solaires restent l’une des options les plus efficaces pour réduire les émissions du secteur électrique, à condition de les intégrer dans une stratégie globale d’énergie sobre et bien gérée.

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