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Green it : définition, enjeux et actions concrètes pour un numérique plus responsable

Green it : définition, enjeux et actions concrètes pour un numérique plus responsable

Green it : définition, enjeux et actions concrètes pour un numérique plus responsable

Un mail de plus, une vidéo en 4K, un document stocké « au cas où » dans le cloud… Pris isolément, chaque geste numérique semble anodin. Pourtant, additionnés à l’échelle d’une entreprise, d’une collectivité ou d’un pays, ces usages pèsent lourd sur le climat, la consommation d’énergie et l’extraction de ressources. C’est précisément ce que cherche à adresser le Green IT, ou « numérique responsable ».

Derrière l’expression un peu à la mode, on trouve des questions très concrètes : combien consomme réellement un data center derrière notre série préférée ? Faut-il changer son ordinateur au bout de trois ans « pour la performance », ou le garder sept ans « pour la planète » ? Et surtout : que peuvent faire, très concrètement, les citoyens, les organisations et les pouvoirs publics ?

Qu’est-ce que le Green IT, exactement ?

Le terme Green IT recouvre deux grandes dimensions complémentaires :

En France, l’Agence de la transition écologique (ADEME) et l’Arcep estiment que le secteur numérique représente environ 2,5 % de l’empreinte carbone nationale, et cette part pourrait atteindre 7 % d’ici 2040 sans mesures de sobriété (rapport Arcep–ADEME, 2022). À l’échelle mondiale, le numérique pèserait entre 2,1 et 3,9 % des émissions de gaz à effet de serre, selon les méthodes de calcul (Shift Project, 2019 ; études récentes de revue de littérature).

Le Green IT vise donc à freiner cette trajectoire, sans renoncer aux services numériques utiles, mais en interrogeant leur pertinence, leur conception et leur usage.

Le poids environnemental du numérique : quelques chiffres clés

Pour comprendre les enjeux, il faut sortir de l’idée que « le numérique est immatériel ». Chaque mail, chaque vidéo, chaque fichier s’appuie sur des équipements physiques très concrets.

Selon l’ADEME et l’Arcep :

Côté usage :

Ces ordres de grandeur montrent que la question centrale n’est pas seulement de « consommer moins d’électricité » avec nos appareils, mais surtout de fabriquer moins d’équipements neufs et de les utiliser plus longtemps.

D’où viennent les impacts : fabrication, usage, infrastructures

On peut distinguer trois grandes sources d’impact.

1. La fabrication des équipements

C’est là que se joue l’essentiel de l’empreinte carbone et de la pression sur les ressources :

Un prolongement de la durée de vie d’un smartphone de 2 à 4 ans peut réduire de près de 50 % son impact annuel rapporté à l’usage (ADEME).

2. L’usage au quotidien

Une fois fabriqués, les équipements consomment de l’énergie à chaque utilisation :

La consommation unitaire d’un mail ou d’une vidéo reste faible, mais le problème vient de la massification. Un streaming HD regardé des millions de fois ou des milliers de mails envoyés par automatisation marketing créent un effet d’échelle.

3. Les infrastructures réseau et les data centers

Les réseaux et data centers sont parfois montrés du doigt. Leur impact n’est pas négligeable, mais il faut nuancer :

Le principal levier reste donc la sobriété des usages et la maîtrise du parc d’équipements.

Pourquoi le Green IT devient un enjeu stratégique pour les organisations

Pour une entreprise, une administration ou une collectivité, le numérique représente à la fois un levier de performance et une source d’impact environnemental non négligeable.

Plusieurs facteurs expliquent la montée en puissance du Green IT :

Autrement dit, intégrer le Green IT ne relève plus seulement du « bonus RSE » : c’est un sujet de gestion des risques, de maîtrise des coûts et de résilience.

Actions concrètes pour les utilisateurs individuels

À l’échelle d’un citoyen, les marges de manœuvre existent, même si elles ne remplaceront jamais des actions structurelles des acteurs publics et privés. Les principaux leviers sont relativement simples à comprendre.

1. Allonger la durée de vie de ses équipements

2. Choisir des équipements plus sobres

3. Maîtriser ses usages numériques

4. Donner une deuxième vie au matériel

Individuellement, ces gestes ne renversent pas la courbe des émissions. Mais ils participent à une dynamique de sobriété numérique, et envoient un signal au marché sur la demande de produits plus durables.

Leviers prioritaires pour les entreprises et les DSI

Pour les organisations, les marges de manœuvre sont plus larges. Plusieurs leviers sont identifiés comme particulièrement efficaces.

1. Gestion du parc matériel

2. Sobriété des usages et des services numériques

3. Éco-conception des services numériques

L’éco-conception consiste à intégrer les enjeux environnementaux dès la conception d’un site, d’une application ou d’un service numérique :

Des référentiels comme le RGESN (Référentiel général d’éco-conception de services numériques, en France), ou des guides de l’ADEME et de l’Institut du Numérique Responsable, proposent des grilles de bonnes pratiques.

4. Choix d’hébergement et de data centers

Quel rôle pour les politiques publiques et les collectivités ?

Les pouvoirs publics disposent de plusieurs leviers complémentaires pour réduire l’empreinte du numérique.

1. Réglementation et normes

2. Planification et aménagement

3. Sensibilisation et accompagnement

Ces actions publiques peuvent créer un cadre favorable pour que les pratiques de Green IT deviennent la norme, plutôt que l’exception.

Entre idées reçues et vrais arbitrages

Comme souvent en environnement, le Green IT n’échappe pas aux idées reçues et aux simplifications.

« Vider sa boîte mail va sauver la planète »

Effet réel, mais limité. Supprimer des mails diminue légèrement les besoins de stockage, mais l’essentiel de l’impact reste lié aux équipements eux-mêmes. L’intérêt majeur de cette pratique est plutôt de sensibiliser et de mettre un pied dans la sobriété numérique.

« Le cloud, c’est forcément pire »

Pas forcément. Un cloud industrialisé et bien géré peut être plus efficace énergétiquement qu’un petit serveur local mal dimensionné. Ce qui compte, ce sont :

« La 5G est forcément mauvaise pour le climat »

La réalité est plus nuancée. La 5G peut être plus efficace par gigaoctet transporté que les anciennes générations de réseau, mais elle facilite aussi l’augmentation des usages (vidéos plus lourdes, multiplication des objets connectés). Sans politique de sobriété, les gains d’efficacité risquent d’être annulés par l’augmentation du trafic.

Derrière ces débats techniques se cachent de vrais arbitrages de société : quels usages numériques voulons-nous développer, et lesquels pouvons-nous raisonnablement limiter ?

Ce que l’on sait, ce qui reste incertain, et comment agir

Ce que l’on sait

Ce qui reste incertain

Ce que chacun peut faire, à son échelle

Le Green IT n’est pas un retour en arrière technologique, mais un changement de regard : considérer le numérique non plus comme un monde immatériel sans contraintes, mais comme une infrastructure matérielle lourde, que l’on peut rendre plus utile, plus sobre et plus durable. La question n’est pas de se demander si l’on doit « avoir plus ou moins de numérique », mais quel numérique, pour quels usages, avec quels coûts environnementaux assumés et maîtrisés.

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