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Qu’est ce que le greenwashing et comment repérer les faux discours écologiques des marques

Qu'est ce que le greenwashing et comment repérer les faux discours écologiques des marques

Qu'est ce que le greenwashing et comment repérer les faux discours écologiques des marques

Vous avez sans doute déjà vu passer une publicité pour un produit « éco-responsable », « neutre en carbone » ou « respectueux de la planète ». Mais derrière ces mots rassurants, que se cache-t-il réellement ? Une véritable démarche environnementale… ou un vernis vert bien pratique pour continuer à vendre autant, voire plus ?

C’est précisément ce qu’on appelle le greenwashing, ou « écoblanchiment » en français. Et la difficulté, c’est qu’il devient de plus en plus subtil.

Qu’est-ce que le greenwashing, exactement ?

Le greenwashing désigne l’ensemble des techniques de communication utilisées par une organisation (entreprise, collectivité, institution) pour se donner une image écologique trompeuse, sans que ses pratiques réelles ne soient à la hauteur de ce qu’elle laisse entendre.

Autrement dit : le greenwashing ne consiste pas seulement à mentir. C’est souvent plus fin que ça. Une affirmation peut être :

Par exemple, une marque peut se vanter d’« emballages recyclables » alors que :

Le greenwashing est d’autant plus problématique qu’il crée une double perte :

D’où vient cette dérive ? Pressions climatiques, image de marque et attentes des consommateurs

Plusieurs facteurs expliquent l’explosion des discours « verts » depuis une quinzaine d’années :

Face à ces pressions, il y a deux options :

Le greenwashing, c’est cette deuxième option. Elle est tentante à court terme, mais risquée à moyen terme : la réglementation se durcit, les consommateurs deviennent plus avertis, les ONG et journalistes enquêtent, et les scandales de communication trompeuse se multiplient.

Comment reconnaître un discours de greenwashing ? 7 signaux d’alerte

Il n’existe pas de test infaillible, mais plusieurs signaux doivent alerter. L’idée n’est pas de traquer la moindre imprécision, mais d’identifier les cas où le discours sert clairement à masquer ou minimiser un impact réel.

Usage abusif de termes vagues et non définis

Premier indicateur : l’omniprésence de termes comme « écologique », « vert », « bon pour la planète », « durable », sans explication précise.

Les autorités (en France, la DGCCRF et l’ADEME) rappellent régulièrement que toute allégation environnementale doit être :

Un emballage qui se contente d’annoncer « produit responsable » sans préciser :

est typiquement suspect.

À l’inverse, un discours plus crédible ressemble plutôt à :

Ce n’est pas parfait, mais c’est concret et vérifiable.

Focalisation sur un détail “vert” qui masque le reste

Autre pratique courante : mettre en avant un aspect marginalement vertueux d’un produit à forte empreinte globale.

Quelques exemples typiques :

Un bon réflexe : se demander où se situe l’essentiel de l’impact. Dans une voiture, c’est d’abord la masse et l’usage. Pour un produit alimentaire, ce sont souvent les ingrédients et l’agriculture, plus que le design du packaging.

Absence de chiffres, de périmètre et de sources

Un discours sérieux sur l’environnement ne peut pas se contenter d’adjectifs : il doit s’appuyer sur des données.

Lorsque vous voyez une affirmation du type :

posez-vous trois questions :

Les entreprises qui ont une véritable démarche environnementale commencent généralement par publier :

En l’absence de ces éléments, méfiance.

Labels trompeurs, pseudo-labels et symboles “nature”

Autre stratégie de greenwashing : jouer sur les codes visuels et les labels.

Pour vous y retrouver, quelques repères :

La simple présence d’un arbre ou d’une couleur verte sur un produit très transformé ou très énergivore ne dit strictement rien sur son impact réel.

Neutralité carbone : promesse crédible ou illusion comptable ?

La promesse de « neutralité carbone » est devenue omniprésente, et aussi l’un des principaux terrains de greenwashing.

En théorie, la neutralité carbone signifie qu’un acteur équilibre ses émissions de gaz à effet de serre avec des absorptions (par des puits de carbone, comme les forêts) ou des réductions équivalentes chez d’autres acteurs, via des mécanismes de compensation.

En pratique, de nombreux problèmes se posent :

Les autorités françaises ont d’ailleurs encadré l’usage du terme « neutre en carbone » : selon la loi Climat et Résilience, il est interdit de laisser entendre qu’un produit ou un service est neutre en carbone sans démontrer une trajectoire de réduction et sans explication transparente sur les compensations.

Que regarder ?

“Green” sans remise en question du modèle : le cas des produits jetables “éco”

Un dernier signe, plus systémique : quand un produit maintient une logique très consommatrice de ressources, mais change simplement de matériau ou de discours.

Exemples fréquents :

Dans ces cas, la question clé est : le produit réduit-il vraiment la pression globale sur les ressources (matières, énergie, sols, eau) ou se contente-t-il d’en changer la forme ?

Que disent les autorités et la loi sur le greenwashing ?

En France, plusieurs textes encadrent les allégations environnementales :

Au niveau européen, une directive sur les allégations environnementales (« Green Claims Directive ») est en cours de finalisation. L’objectif : exiger des preuves scientifiques avant toute communication « verte » et interdire les formulations trop vagues ou non vérifiées.

Les sanctions peuvent aller de l’obligation de retirer la communication trompeuse à des amendes financières importantes, voire à des actions collectives par les consommateurs ou les ONG.

Comment, concrètement, repérer les faux discours écologiques ?

Face à un produit ou un service présenté comme « vert », vous pouvez adopter une petite grille de lecture en 5 réflexes.

Ce que les citoyens, les collectivités et les entreprises peuvent faire

Le greenwashing n’est pas une fatalité. Et la solution ne repose pas uniquement sur une vigilance individuelle épuisante.

À l’échelle des citoyens :

À l’échelle des collectivités :

À l’échelle des entreprises :

Retenir l’essentiel : distinguer le vernis du changement réel

En résumé, le greenwashing, c’est tout ce qui fait passer un ajustement marginal (ou parfois inexistant) pour une transformation écologique majeure. Ses armes principales : les mots vagues, les images rassurantes, les chiffres absents ou isolés, et la focalisation sur des détails.

De l’autre côté, les vraies démarches de transition se reconnaissent plutôt à :

Repérer le greenwashing ne sert pas seulement à « piéger » des marques trop pressées de se verdir. C’est aussi une manière de redonner du poids aux acteurs – entreprises, collectivités, associations – qui font vraiment l’effort de transformer leurs pratiques, souvent avec moins d’effets d’annonce, mais des résultats plus solides.

Face aux promesses vertes, la question à garder en tête est simple : me montre-t-on un décor… ou les coulisses ?

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